L'année dernière, nous avons passé les fêtes en famille pour la première fois depuis 2008, si je me souviens bien.

Enfin, en famille, surtout la mienne, parce que le tour d'Île-de-France traditionnel (réveillon du 24 chez mes parents au sud-est, déjeuner du 25 chez mon oncle et ma tante qui rassemblent plein de monde tous les ans au sud-ouest, puis dîner chez les parents du Fifo au nord-ouest et enfin retour chez nous le 26 pour souffler un peu) s'est trouvé chamboulé quand le Perco (très fatigué déjà, après une matinée bien remplie à étrenner ses cadeaux) a "décidé" d'être malade sur le tapis de mon oncle et ma tante le dimanche aprèm. On se dit : "Bon, il a eu un vaccin jeudi, il a pas fait la sieste cet aprèm… Il doit être un peu patraque à cause de tout ça, on continue et après un petit dîner et un gros dodo ça ira mieux." Sauf qu'il refuse de manger, revomit, bref on abrège et on rentre chez nous.

Après un lundi passé à dormir et ne rien manger (conclu par une visite chez le médecin, qui dit "grosse fatigue a priori, mais comme vous me dite qu'il y a des trucs plus anciens on va faire un bilan sanguin pour voir…"), et un mardi à dormir avec une légère amélioration côté alimentation (et un bilan sanguin raté parce que "il a pas de veines ce petit"), le mercredi matin c'est pas franchement mieux. Je supplie Oph[1], avec mon téléphone et des yeux de cocker dans la voix[2] de venir nous tenir compagnie… Le déjeuner n'était pas terminé qu'on décidait d'aller aux urgences, et fissa.

Où on nous annonce en gros que félicitations, c'est un diabète ! (avec une glycémie à 5 et une magnifique déshydratation, c'était difficile de se planter. Merci les gens du labo qui ne se sont pas posé de questions en voyant qu'on demandait une p*tain de glycémie, pour laquelle ils avaient largement assez des dix gouttes de sang récupérées. BREF.)

Après deux jours de réhydratation intensive minutieuse sous perf d'insuline, en réanimation (merci le clown de passage, le ptit chien en ballon c'était tip top pour réveiller un peu le Perco tout ramolo…) le chou arrive en endocrino/diabétologie le 30, et le 31 on lui pose une petite pompinette qu'il gardera, oh, quelques années, et qui nous évitera de lui faire des piqûres plusieurs fois par jour.

Il n'est toujours pas sorti, mais c'est pour la bonne cause : on apprend à gérer.
Le diabète en lui-même (chouette, on va se mettre au régime tous ensemble *enthousiasme forcé*) et la pompe, qui demande beaucoup d'attention même si dans l'ensemble c'est quand même bien mieux pour le Perco (équilibre glycémique plus facilement atteint et maintenu, et – l'ai-je dit déjà ? – pas de piqûres.)
Il est en pleine forme, préfèrerait certes comme nous être à la maison mais accepte bien l'environnement et le traitement (la pose du cathétaire un jour sur deux, qu'on commence à maîtriser ; et même le dextro – prélèvement d'une goutte de sang au bout du doigt plusieurs fois par jour, pour mesurer la glycémie et adapter les injections au moment des repas… En fait il adore le dextro et fait des grands sourires quand on prépare et qu'on pique. Génial.)

Bref, après les premiers jours où j'ai insulté cette c*nnerie de maladie réglièrement, je me suis obligée à me calmer pour éviter de glisser sur une pente dangereuse qui aurait peut-être laissé une aigreur ou un je-ne-sais-quoi de reste de rébellion inutile, qui nous aurait pourri la vie après…
Là j'attends juste avec impatience le retour du Perco chou, et je me demande comment diable on va faire, midi ET soir, même en hiver, entrée+légumes+féculents (le reste c'est facile), nous qui sommes les rois de la flemme alimentaire.

Hm. Vivent les soupes ?

Notes

[1] Gros bisous encore <3

[2] Si si, c'est possible