... Bon, j'avoue, hier soir je me suis un tout petit peu emballée au sujet du Perco. En repensant au début de mon billet, j'ai eu l'impression de rejoindre les rangs des mères parfaitement adoratrices et aimantes, adulant leur progéniture même encombrées de couches et de vêtements sales jusqu'aux genoux. Faut dire qu'on venait de passer deux superbes semaines de vacances à la maison rien que tous les trois la plupart du temps, le chou, le Fifo et moi. c'était bien.
Mais bon.

Rétablissons donc la vérité à propos de monsieur Perco Tagada-Kaswiti.

Certes, il est chou. Mais il est collant. Et moi j'ai plein de trucs à faire en ce moment, sur les plus obligatoires desquels je vais devoir mettre un coup de collier après m'être lâchement relâchée pendant les vacances (sans compter les quinze projets créatifs plus ou moins concrets en cours.)
Exemple : ce matin je tente la manoeuvre habituelle pour le mettre à jouer dans sa chambre pendant que je fais des trucs de grand dans le salon tranquillement. Bin en me voyant me relever, il m'a attrapée et m'a fait un câlin, un vrai. Darn. Ca y est, il a compris le principe du chantage affectif ; nous sommes fichus (je lui ai concédé la victoire sur cette bataille, mais au final j'ai gagné la guerre de ce matin : le doux bruit lointain des legos m'accompagne tandis que je tapote ce billet. \o/ )

Certes, il comprend de plus en plus ce qu'on fait et même ce qu'on dit[1], c'est impressionnant et attendrissant et tout, mais du coup quand il n'est pas d'accord il le fait clairement savoir... et pas forcément à bon escient.
Exemple : monsieur apprécie de moins en moins qu'on le dérange pour changer sa couche. Oui, même quand elle est crade puante. Monsieur a tendance à se gratter aux moments les moins appropriés dans ces cas-là, à donner des ruades dans le ventre voire les tétons de maman, à hurler et à se tortiller. Bref, il proteste, il nous fait connaître son avis, mais bon y'a pas le choix mon grand hein. (Et on a beau se dire que lui apprendre le pot serait super pratique, bah c'est vraiment pas gagné. Pas encore au programme, à part de façon trèèès occasionnelle et pas toujours super efficace. Ouin. Bah, ça viendra...)

Certes, il mange comme un grand, comme nous, et manie la fourchette comme un chef. Mais un chef débutant, impatient, et aux exigences pas toujours très claires.
Exemple : hier soir, au menu, petit fromage à croute astucieusement amovible (Babybel pour court) et pâtes (les torsettes c'est le Bien, on fait pas mieux comme format pour une fourchette percotesque.) Pareil pour nous, le 'bybel (pour encore plus court) en moins. Devant son plat de pâtes, la chourfette à la main, une poignée de torsettes bien plantées dessus, monsieur se met tout à coup à secouer le tout en râlant. Je suppose qu'il y en a trop, lui prends la main pour l'aider, il veut pas, secoue et râle de plus belle... Je finis par lui retirer fermement la fourchette, la délester de son bouquet de pâtes, et en remettre trois dessus, bien rangées. Contentement du Perco. Soulagement las des Tagada-Kaswiti. On comprendra aisément pourquoi on est rarement motivés pour lui faire manger des comportes et yaourts en pot... (Oui, ses compotes sont en "gourdes", et nous sommes lâches. Tant pis, au moins ça marche et on est pas stressés, na.)

Certes, il adooore ranger, refermer les portes, allumer et éteindre les lumières sur son passage, etc. C'est bien. M'enfin il ne sait pas où s'arrêter.
Exemple : n'ayant pas franchement envie de le mettre ailleurs, et la chose ne posant pas de problème la plupart du temps, le panier à linge percotesque sale est dans sa chambre. J'y ai jeté hier soir son nounours-oreiller, parce que bon. Il s'est empressé de le remettre dans son lit, et de le remplacer par les chaussettes que je lui avais mises le matin même. Je commence à savoir où les chercher quand il se retrouve pieds nus...

... bon d'accord j'avoue que là on l'a un peu cherché. Mais à part sa manie très agaçante de vouloir tripoter mon ordi quand il est ouvert, voire de tenter de me le refermer sur les doigts si je ne m'occupe pas assez de lui à son goût (alors que des fois je l'utilise sous son nez pour des raisons farpaitement légitimes, si si) je suis un peu à court, j'avoue.

C'est mignon et fascinant un enfant qui grandit... Mais bon des fois les journées sont un peu longues.

Notes

[1] Jusque-là, on est sûrs qu'il comprend "chaussette", "chaussure", "couche", "compote", "bavoir", "tétine"... Oui bon la liste n'a pas grand intérêt en fait. Le fait est que ça commence à rentrer tout ça. Pfouh.