Assortie au sac framboise-cassis, donc, et réalisée après le test "de principe" concluant qui avait donné une lanière audit sac.
Voilà peu ou prou à quoi l'écharpe ressemblait au moment de l'ourdissage[1] du métier – l'installation de la chaîne :
J'aurais dû me rendre compte très tôt que le fil fantaisie (à bouclettes ou à franges) en chaîne, c'est nul parce que ça s'accroche... On ne m'y reprendra pas de si tôt x__x
Pour le reste, j'ai remplacé par de solides bouts de bois[2] les petites tringles qui faisaient office d'"ensouples", c'est quand même mieux à tous points de vue.
Par contre pour inverser la foule (faire en sorte que les fils de chaîne alternés soient en haut ou en bas au bon moment...) j'ai dû trouver mieux que ma mimine, l'ouvrage étant nettement plus large que la bande de test réalisée plus tôt. Sur un "vrai" métier monté pour une toile de base comme celles que je réalise, la moitié des fils seraient passés dans les lisses d'un cadre, et l'autre moitié dans celles d'un deuxième cadre...[3] Donc le peigne joue le rôle de l'un des deux, et on bricolage à levier joue l'autre. Voilà ce que ça donne, juste derrière le peigne, donc à gauche de celui-ci sur la vue d'ensemble plus haut (clic pour bien voir) :
J'ai recyclé une tringle ^^ Elle passe sous la partie de la chaîne qui est sur le point d'être tissée, ignorant bien sûr la partie de chaîne tout en dessous qui fera la boucle pour se trouver à sa place un peu plus tard. Lorsque ce "cadre" est au repos, c'est l'autre (le peigne) qui dicte l'alternance des fils : ceux qui passent dans les trous sont en haut, et ceux qui passent dans les fentes sont en bas.
Hop, on passe la navette et on installe le fil tranquillement, devant le peigne cette fois-ci, bien sûr. Puis on prend son courage à deux mains et la poignée du "cadre" dans l'autre, et on fait levier sur le peigne[4] :
Comme la chaîne est bien tendue, les fils qui étaient en bas ne remontent pas jusqu'en haut, mais il suffit qu'ils montent plus haut que les trous : retenus par ceux-ci, la moitié des fils de chaîne restent sur place, tandis que ceux qui passent dans dans les fentes se retrouvent au-dessus. Je passe sur le démêlage de tout ça (screugneugneu de fil à bouclette, nan mais quelle idée je vous jure >__<) ; pour garder l'alternance et récupérer la main qui fait levier, avec l'autre on intercale un stick plus ou moins prévu pour ça – on l'insère à plat, et pour créer une jolie foule bien propre il suffit de le pivoter sur sa tranche.
Hop, on passe la navette, on tasse le fil...
Et on recommence.
Quand le front de bataille la partie tissée progresse et se rapproche dangereusement du peigne, il suffit de la tirer vers soi au moyen de la navette placée dans la foule : tissu et chaîne coulissent gentiment sur les ensouples, on a de la place, on peut continuer. Au bout d'un moment on ne peut plus avancer ni ménager de place, et de toute façon on en est arrivé aux noeuds qui fermaient les différentes parties de la chaîne… Donc il faut s'arrêter, faire des jolis noeuds pour consolider les lisières (et faire de jolies franges, parce que c'est économique en temps et tout)… Pis ça donne ça :
C'est doux, ça fait trente gros centimètres de large et presque une Daelf de haut avec les franges (un peu plus longues d'u côté que de l'autre, mais c'est pas bien grave) et c'est trèèès satisfaisant (et chaud ^^)
Un petit gros plan pour la route :
... reste la défaite de la Daelf optimiste : si j'avais utilisé un fil lisse pour la chaîne de mon écharpe, j'aurais passé moins de temps à la finir, et peut-être que j'aurais eu le temps de faire quelque chose pour mon amie qui s'est mariée le w-e dernier... Mais rien n'est moins sûr. Pas grave, je lui ferai pour Noël... Reste à régler le problème de mon levier : tel qu'il est, il sera sûrement impossible de soulever une chaîne que j'ambitionne presque aussi large que le peigne (50cm en gros, ce serait sympa.)
Puisque j'ai le temps de tester, je vais faire une autre bande pour voir comment se comporte le fil que je veux utiliser avec l'autre peigne, plus fin. Des heures d'amusement en perspective. Pas plus mal, vu que la commande du métier n'est finalement peut-être pas au programme de ce mois-ci non plus...
Notes
[1] "Let's do the, er, warping thing again !"
[2] ... acquis à prix d'or au BHV, parce que le dealer d'articles de bricolage le plus proche de chez nous a l'idée saugrenue d'être fermé le samedi... Même la scie (à métaux et tout premier prix, j'ai triché) qui a servi à le couper en deux a coûté moins cher...
[3] Oui, je parle aussi de "cadre" pour désigner le métier entier, mais justement parce que "métier" me paraît un bien grand mot, donc je parle de l'assemblage de quatre bouts de bois qui en forme la base : un bête cadre. Pas confondre. Sorry.
[4] Je vous épargne les détails techniques pour que le peigne ne se renverse pas et que les dents qui se trouveraient malencontreusement dans le chemin ne s'abîment pas...











