The steep approach to Garbadale, Iain (sans M.) Banks
Par Daelf le vendredi, juin 25 2010, 17:25 - Bouquins - Lien permanent
C'est l'histoire d'un type...
Oui, pour une fois je ne commence pas par "ça se passe à tel endroit et à tel moment", parce que ça se passe grosso modo en Grande-Bretagne aux alentours de 2005. Comme c'est pas très exotique pour commencer un (vague) avis de lecture (que je ne rédige que pour me secouer un peu), je fais dans la référence vaseuse (pour aller avec les vagues.)
Donc, c'est l'histoire d'un type, Alban, qui fait partie d'une famille dont la principale caractéristique est de posséder une entreprise qui fabrique des jeux, dont un qui a eu un certain succès en plateau, et un énauuuurme succès (inattendu) en jeu vidéo : "Empire!" (oui, la ponctuation est anglo-saxonne, fatalement.) Il ne porte pas LE nom (Wopuld, quel nom bizarre) et ne se sent pas toujours très impliqué dans la famille elle-même ni dans l'entreprise qu'elle gère, du coup quand il peut éviter de signaler qu'il est proche de tout ça, il évite. D'ailleurs il a eu occupé[1] un poste relativement important dans l'entreprise en question, mais a fini par démissionner, pour tout un tas de raisons.
Le livre est composé d'une bonne partie de flashbacks, mais la ligne conductrice est celle-ci : quelques années plus tôt, Spraint, une firme américaine, a acheté un quart de l'entreprise des Wopuld, et Alban s'était prononcé contre. Maintenant Spraint veut acheter le reste, et un cousin d'Alban vient traquer celui-ci jusque dans sa "retraite secrète" pour lui demander de convaincre le reste de la famille qu'il ne faut pas vendre. Et accessoirement, après l'assemblée générale extraordinaire où la chose sera négociée (oui, non, et si oui combien), ils fêteront tous ensemble - dans la grande propriété familiale de Garbadale, en Ecosse - le nonantième (or so) anniversaire de la matriarche du "clan", Winifred dite "Win" (how appropriate), une gentille manipulatrice sournoise.
Dans les flashbacks, on découvre principalement les relations plutôt tendues d'Alban avec Win, sa première histoire d'amour lorsqu'il était adolescent - une affaire pour le moins tumultueuse -, plein d'autres petites choses sympathiques sur la famille, et en particulier les circonstances entourant le suicide de sa mère...
Et c'est bien. J'ai mis longtemps à le lire, mais surtout pour des raisons indépendantes de ma volonté, et à cause d'une bizarrerie narrative qui m'a un peu heurtée au début... Quelque chose à rapprocher des chapitres les plus bizarres de Feersum endjinn, mais en moins flagrant (juste quelques fautes de s et 's)... et en fait c'est dommage, parce que ça ne se retrouve que trois ou quatre fois, et au final je me suis dit : euh oui mais pourquoi ? Il y a peut-être des subtilités plus subtiles dans d'autres parties, où le narrateur adopte la "voix" d'autres personnages de façon moins flagrante (pour commancer, on reste dans une bête narration à la troisième personne, alors que les parties "avec fautes" sont narrées à la première personnes par un copain d'Alban.)
Brèfle, les personnages sont bien faits, et clairement dans ce genre de roman c'est une bonne part de ce qui en fait la réussite ou non. C'est plein de petits moments, de petites anecdotes et de détails, un peu partout dans le monde, en plus, qui rendent le tout très concret... et le - les ? - grands moments, qui se construisent sur une série de petits moments et de non-dits, sont savoureux (on va le dire comme ça.)
On ne peut pas dire que ce soit léger et rafraîchissant, mais c'était bon. D'ailleurs j'ai décidé de lire au moins trois bouquins de non-SF d'affilée (j'en visais cinq, mais finalement je vais être réaliste. Enfin, je vais essayer.)
A suivre : Sur la plage de Chesil, lu, et L'ombre du vent, à peine entamé.
Notes
[1] J'aime bien tenter des temps surcomposés, des fois... à des endroits où c'est pas grave si c'est un plantage absolu ^^
Commentaires
Je le note dans un coin pour un prochain passage en non-Sfff, dans heu, un moment? ^^°