Sur la plage de Chesil, Ian (sans i) McEwan (sans espace)
Par Daelf le vendredi, juin 25 2010, 17:59 - Bouquins - Lien permanent
Oui, je la fais de suite, sinon à force de procrastiner je vais rien dire (cela dit là je procrastine le peu de ménage nécessaire pour me permettre de jouer à la boulangère. Un peu tard, j'avais dit qu'on ne m'y prendrait plus ; tant pis.)
Or donc de quoi qu'il est-il question ?
J'avoue, pour une fois c'est un bouquin que je n'ai pas choisi du tout. C'est Batô qui me l'a mis dans les mains la dernière fois qu'on est allés chez elle (y'a, euh... Houlà non chut) me disant grosso modo "lis ça, c'est bien." J'ai dit "ah bon d'accord." Puis j'ai trouvé sur un blog que je lis souvent (... tous les jours, en fait ; merci Matthias) un avis de quelqu'un qui lit régulièrement de "vrais" livres (à savoir, pas la pseudo-littérature pour adulescents qui fait mon ordinaire - SF, Fantasy et autres trucs souvent mal famés.)
Et je suis assez d'accord sur l'impression a priori : jamais je n'aurais choisi ce bouquin toute seule. L'histoire l'anecdote, presque est simple : nous sommes en 1962, Edward et Florence viennent effectivement de milieux bien différents, ils ont 22 ans*, ils se sont mariés, et maintenant ils sont à l'hôtel où ils vont dîner et consommer leur union. Enfin, consommer, en principe. Parce qu'ils sont vierges tous les deux, et d'une part Edward ne sait pas s'il sera à la hauteur ou même capable de faire quoi que ce soit, et d'autre part Florence est tellement pétrifiée à l'idée de "ça" qu'elle arrive à peine à s'exprimer ce sentiment. Mais elle aussi veut être à la hauteur, alors bon, un peu de courage, quoi.
Attention spoiler-qui-n'en-est-pas-un : ça finit mal.
Je suis d'accord aussi sur le reste, en fait : l'auteur prend son temps pour nous parler de ses personnages en longs flashbacks (oui, encore, mais de façon plus soft que Banks... je sais pas trop comment dire ça) entre deux moments de tension à l'hôtel. C'est lent, contemplatif, plutôt paisible dans l'ensemble.
Et si le but de l'auteur était bien de nous faire penser, à propos de ces deux-là et de ce qui s'est passé sur la plage de Chesil : "Quels imbéciles ; mais bon ils étaient pas aidés, aussi..." on peut dire que c'est réussi. Enfin, voilà comment une histoire d'amour peut être réduite à rien : par le manque d'information, d'éducation (et de maîtrise de soi ; mais si on n'a pas le reste pour y arriver, forcément...)
Tout ça me fait penser à un passage de Sans parler du chien, où un historien "en visite" à l'époque victorienne (qui n'est pas sa spécialité) est ébahi de voir que personne ne mentionne que la chatte attend des petits : ce serait sous-entendre qu'elle a forniqué avec un mâle quelque part, et ce genre d'allusion est teeeellement inconvenant !
Sur ce, je n'en rajoute pas, j'ai peur d'en dire trop (et ce serait affreusement inapproprié.)