Tapoti : la "méthode du flocon"
Par Daelf le mardi, février 23 2010, 11:43 - Tapotipota - Lien permanent
Cette année, j'ai donc décidé de m'ateler sérieusement au Challenge Premier Jet "organisé" sur le forum de Cocyclics, à savoir finir une première rédaction complète de mon roman pour la fin de l'année, en tentant de profiter du climat de saine émulation généré par la (déjà) grosse quarantaine de projets annoncés. Comme je le disais dans l'épisode précédent, je pense pas pouvoir forcément y travailler toute l'année, la faute à Boudchou. Mais bon en attendant...
J'ai déjà une nouvelle mouture de l'intro, une nouvelle approche, même, qui me paraî(ssen)t plus prometteuse(s) que mes premières tentatives. Et puis pour le plan, je remercie grandement Oph, qui m'a transmis un document qui présente la méthode du flocon (un résumé en français pour les anglophobes ; le hasard du premier résultat fait que c'est justement un message d'Oph sur un forum ;) )
Je vais pas rerésumer la chose ici, mais j'en avais déjà entendu parler, et j'aimais bien l'idée de comparaison avec une fractale (la plus facile à construire qui soit, en plus. Que demande le peuple ?)
Le rapport, me diront certains ? Parce qu'entre potasser un plan, en passant par la caractérisation des personnages et tutti quanti, et rédiger pour de bon un bout de texte, on peut avoir l'impression qu'il y a un sacré grand écart.
Bah non en fait.
Mon énooOOOooorme problème avec le début de l'histoire de Oyme, c'est de présenter le monde où il vit sans perdre le lecteur ni, au contraire, rédiger quelques articles d'encyclopédie. Décider ce qui est essentiel, et le présenter de façon succinte mais compréhensible imédiatement, quitte à préciser (toujours tout en subtilité, idéalement...) deux ou trois chapitres plus loin.
Et justement, les premières étapes de la fameuse méthode demandent de présenter les choses de façon très, très synthétique, pour préciser un peu plus à chaque étape. Ce qui est a priori relativement facile si on utilise la méthode pour construire un roman à partir d'une idée, puisqu'on développera celle-ci au fur et à mesure des étapes, revenant en arrière si besoin, mais pas forcément de très loin. Je pense que ça me sera très utile dans ce sens-là pour le deuxième roman prévu, qui est pour l'instant juste un bouillon d'idées avec quelques scènes floues qui flottent dedans comme des petits croûtons devenus tout mous à force de tremper. Bon.
Mais l'histore de Oyme, j'en avais déjà rédigé à peu près correctement – allez, à la louche – au moins les 3/5. Ce qui me fait redescendre de l'étape finale jusqu'au ras des pâquerettes, et me force à trouver UNE phrase pour résumer l'ensemble. Phrase un chouïa longue selon les critères de l'auteur de la méthode (qui recommande de viser 15 mots ; vu les différences entre anglais et français j'en visais 20, j'ai réussi à faire 28.) "Résumé" exact, mais qui me laisse une impression désagréable : ça ne ressemble au final pas à l'impression que j'ai en pensant à l'histoire dans son ensemble, et que je voudrais laisser au lecteur. Donc il y a peut-être un problème dans ma façon de présenter la chose.
Puis le véritable défi : la deuxième étape, en cinq phrases environ. C'est là que la tentation est forte de présenter beaucoup de choses d'un coup, parce qu'après s'être tassé pour tout faire tenir en 15 20 28 mots, on a l'impression d'être libre, liiibre ! Mais non.
Et c'est là, précisément, que les problèmes posés par la méthode rejoignent les problèmes rencontrés durant la rédaction finale : il faut en dire juste assez. Prendre du recul, dépouiller les éléments de leurs noms définitifs quand c'est possible (dire "un extra-terrestre" au lieu de "un Gjinza" ; facile), se rendre compte que des fois c'est mieux de nommer (dire "les Oyegj'" et "les Syegj'" au lieu de plein de périphrases compliquées... et ensuite éviter les répétitions !)...
Bref, je m'arrache un peu les cheveux, mais je sens que l'exercice sera salutaire.
Sans compter que cette méthode correspond à ce que je veux faire parce que je sais maintenant devoir le faire (plan, "exploration" des personnages – j'en ai certains bien en tête, mais d'autres qui apparaissent peu mais sont très important ont des motivations qui demandent d'être tirées au clair pour que tout ne parte pas en sucette à cause de leurs actiosn en coulisses), et me donne un cadre clair pour m'éviter de mettre la charrue avant les boeufs.
Hop, au reboulot !