Tissage aux cartons : présentation et matériel
J'avais voulu faire des super billets la dernière fois, et finalement j'ai complètement foiré, par excès d'enthousasime et manque de méthode. Restons enthousiaste, et allons-y de façon plus mesurée cette fois-ci.
En cas de doute sur un terme, jetez un oeil à mon petit glossaire.
Le tissage aux cartons est aussi appelé tissage aux cartes ou aux tablettes ("card weaving" ou "tablet weaving" en anglais.) C'est une méthode très ancienne pour réaliser des bandes de tissu généralement longues, relativement étroites (selon le nombre de cartes et l'épaisseur des fils utilisés), et surtout très solides de par la manière dont elles sont tissées : là où un tissage "normal" a un fil de chaîne, le tissage aux carton en a plusieurs (quatre en général.) C'est une méthode également très répandue, en Europe (reconstitutions de bandes anciennes : Allemagne, Suède, ), Afrique du Nord, Moyen-Orient (Iran), et Asie (Népal et Tibet, Birmanie, ).
Voilà en quelques mots comment se déroule le tissage de base : il faut d'abord passer les fils de chaîne dans les trous des cartes, puis attacher ces fils de chaque côté de façon à ce qu'ils soient bien tendus. On passe la navette (et le fil de trame) dans l'espace disponible entre les deux groupes de fils de chaîne séparés par les cartons, on tourne ceux-ci vers l'avant ou l'arrière. Puis on tasse bien de façon à ce que le fil de trame soit bien coincé, et on recommence.
Petit comparatif :
Dans le tissage sur métier, le peigne envergeur est un truc super compliqué ; les fils de chaîne et de trame sont souvent visibles en alternance régulière dans le tissu fini.
Dans le tissage aux cartons, ce sont lesdits cartons qui jouent le rôle de peigne envergeur ; on ne voit jamais le fil de trame, sauf un chouïa aux lisières et en de rares autres endroits.
Le principe et le matériel de base sont très simples.
Il faut :
- Des cartes, le plus souvent en os ou en cuir de la préhistoire jusqu'à nos jours, où l'on trouve maintenant aussi des cartes en plastique ou (incrédiblement) en carton. J'ai vu sur un site une tentative de cartes en métal fin, très ajouré pour alléger le tout : c'était joli mais peu pratique.
Ces cartes sont le plus souvent carrées, d'une dimension d'environ six centimètres de côté ; les angles doivent être arrondis et un trou est percé dans chaque coin à une distance raisonnable des bords. Tous les bords doivent être bien lisses, pour ne pas s'accrocher entre eux ou accrocher le fil.
Le plus pratique pour en fabriquer est de sacrifier quelques cartes de visite ou cartes à jouer.
- Un support. Le système le plus simple, qui est celui que j'utilise, consiste à fixer la chaîne d'un côté à un point fixe, et de l'autre à une ceinture portée par le tisserand. D'autres systèmes, allant du métier basique (une planche avec un point d'attache à chaque extrémité) à des métiers plus complexes (métier à galon, "inkle loom" en anglais) sont parfois préférés.
Le fil à l'opposé du côté tissé ayant tendance à se torsader fortement si le motif utilisé impose de tourner plus souvent les cartons dans un sens que dans l'autre, il est parfois utile de les remettre en place. Pour cela, une fixation facile à défaire et à refaire est préférable, pour ma part j'utilise des contrepoids.
Plus de précisions dans le billet suivant.
- Du fil, évidemment. Pour les fils de chaîne (ceux qui restent en place en permanence), en plus de la longueur souhaitée pour la bande terminée, il faut prévoir 20% de cette longueur, et quelques dizaines de centimètres selon les méthodes de fixation utilisées à chaque extrémité de l'ouvrage en cours et les finitions prévues sur la bande terminée. Il vaut mieux préférer des fils bien lises, qui ne s'accrocheront pas trop entre eux et dans les trous des cartes.
- Une navette où sera enroulé le fil de trame (celui qui passe et repasse entre les fils de chaîne.) On peut également se contenter de faire un "papillon", c'est-à-dire une petite pelote de fil avec une partie de celui-ci nouée autour pour l'empêcher de se dérouler sans préavis. Je préfère la navette ; un bout de carton taillé suffit et c'est bien plus pratique.
- ... Un battoir ? Désolée, j'ai pas trouvé comment ça s'appelle vraiment. Il faut un objet bien droit, assez long, solide et relativement lourd, facile à manier, pour bien "frapper" le fil de trame en place. J'utilise une longue raclette en bois trouvée au rayon cuisine d'un supermarché ; je suppose qu'on peut aussi utiliser une règle, ou tout autre instrument de ce genre. Si on a à disposition une vraie navette en bois, pas besoin bien sûr de s'encombrer d'un outil supplémentaire.
Je crois que toutes les bases sont là. N'hésitez pas à poser des questions…
Publié le samedi, février 14 2009 par Daelf




Commentaires
Gasp, et après ?
Pour l'instant c'est le début d'explication le plus clair que j'ai vu, mais après ??
On fait comment ?