Daelf

mercredi, janvier 25 2012

Filons, filons, la laine des moutai-neuh

Je m'étais bricolé un fuseau, y'a pfouyah, tout ça, et j'avais alors filé ce que j'avais trouvé se rapprochant de plus de l'idée que je me faisais d'une laine préparée pour ça.
Forcément, de la laine à feutrer torturée avec un fuseau en CDs et bouts de machins (disparu pendant le déménagement, bon débarras), ça n'avait pas donné grand-chose.

Et puis il y a quelques semaines, j'ai regardé le fil avec lequel je réalisais une écharpe pour ma grand-mère pour Noël[1] et je me suis dit : diantre, s'il n'était cette légère torsion, on pourrait méprendre la chose pour une mèche de laine prête à être filée…"[2]

*tilt*

Cette fois-ci, j'ai utilisé un "donut" en pierre blanche veinée de gris qui attendait depuis des années que j'en fasse un usage vaguement décoratif, et une jolie baguette japonaise en bambou. Beaucoup plus joli, beaucoup plus efficace.

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Le premier fuseau, avec le fil d'origine…

(image)
… et mes premiers célibataires, le fil du commerce transformé.

Pour faire un fil, que ce soit au fuseau ou au rouet[3] on prend de la laine fibre, et on en fait un premier fil en la tordant dans un sens – disons celui des aiguilles d'une montre. On peut s'arrêter là en traitant ledit fil, qu'on appelle un célibataire (puisqu'il est tout seul), afin qu'il ne s'entortille pas sur lui-même ; mais je n'avais pas envie de me mouiller (au sens propre.)
Il fallait donc faire un retors, c'est-à-dire prendre un ou d'autres brins tordus dans le même sens que le premier, et les retordre ensemble, dans le sens inverse, pour qu'ils fassent un joli fil tous ensemble dans la joie et la bonne humeur.

Pour mon premier essai, j'ai retordu ensemble les deux essais ci-dessus, mais vu que je n'avais pas de support pour tenir les trucs de fortune où je les avais enroulés chacun de leur côté[4], c'était pas pratique (euphémisme.)
Du coup la fois suivante je me suis amusée avec le retors navajo (ou comment faire un retors à trois brins avec un seul fil, super fun) et la fois suivante encore, comme ce fil était très court et que je voulais juste m'en débarrasser pour torturer le fuseau, le retors andin (pareil, mais pour un retors à deux brins – le résultat en retors navajo aurait vraiment été très, très court.)

Mes premiers essais en retors navajo, un en collier et un en bracelet avec des perles en métal (passées sur le célibataire et "distribuées" au retors) :

Laine en collier et bracelet

Mon premier tissage avec du fil maison ! Celui déjà sur le métier est retordu navajo, sur la navette c'est le retors à deux brins "pas pratique" dont je parlais plus haut :

(img1)

Bon et puis à force de voir et revoir le court-métrage "Boundin'" de Pixar, où un mouton se vante (entre autres) de sa belle toison, j'ai fini par passer une petite commande pour de la vraie laine vraiment préparée pour être vraiment filée. Comme ça je verrai ce que ça fait vraiment, pis après je la teindrai. NA.

Donc attendez-vous à ce que je vous embête encore avec mes fibres…

Notes

[1] Bientôt ici, un billet sur les écharpes de Noël !

[2] À part que c'est en grande partie de la fibre synthétique, mais bon c'pas grave.

[3] … pour les gens qui ont le budget… Gniiih

[4] En principe ça s'appelle un cantre et on y met de vraies bobines et tout. J'en ai pas, j'ai pas de grosses bobines utiles pour le filage, ni d'embobineuse. Système D powa !

Souvenir : pacs et dialogue kafkaïen

Je cherchais ça sur mon blog tout à l'heure, mais comme je l'ai commencé fin en 2006 alors que l'anecdote date de 2005, forcément, ça risquait pas d'y être.

Or donc, en avril 2005, le Fifo et moi on s'était pacsés. On a eu du mal.
Recyclage de la scène racontée ailleurs par le Fifo.

[FIFO et DAELF rentrent dans le tribunal, vont voir la fonctionnaire à l'accueil.]

FIFO - Bonjour, c'est pour un PACS.
FONCTIONNAIRE - Quoi ? Vous avez rendez-vous pour aujourd'hui ?
FIFO - Ah, il faut un rendez-vous ?
FONCTIONNAIRE - Non, il faut juste la liste des papiers à donner.
FIFO - Ah, ça on l'a.
FONCTIONNAIRE - Vous êtes déjà venus chercher la liste ?
FIFO - Non, on l'a regardée sur le site "service-public.fr"...
FONCTIONNAIRE - Ah non, il nous faut la liste de chez nous. Attendez je vais vous chercher ca. FIFO [hausse les epaules] - Euh, si vous voulez.

[FONCTIONNAIRE va chercher un papier. Pendant ce temps, DAELF et FIFO se regardent en roulant des yeux, style "c'est pas gagné..." Finalement, FONCTIONNAIRE revient avec une photocopie degueulasse d'un papier, que FIFO parcourt des yeux.]

FIFO - Oui, c'est bon, on a tout.
FONCTIONNAIRE - Ah, ben je vais prendre le dossier, et on vous recontactera quand ma collègue sera là.
FIFO - Ah bon ? Bien.
FONCTIONNAIRE - Bon, vos deux actes de naissance.
[FIFO donne les actes]
FONCTIONNAIRE - Les certificats de non-pacs.
[FIFO donne les certificats]
FONCTIONNAIRE - Les pièces d'identité.
[FIFO donne les pieces d'identite] FONCTIONNAIRE - Ah, mais c'est pas des photocopies.
FIFO - Ben non.
FONCTIONNAIRE - Vous voyez bien que vous n'avez pas tout !
[FIFO est tenté de signaler à FONCTIONNAIRE qu'il y a une photocopieuse juste derrière elle, mais se retient.]
FONCTIONNAIRE - Bon, les conventions...
[FIFO donne les conventions] FONCTIONNAIRE - Et les attestations sur l'honneur comme quoi vous n'avez pas de lien de parenté. [FIFO donne les attestations]
FONCTIONNAIRE - Ah, mais qu'est-ce que c'est que ça ?

*** Interlude explicatif : sur divers sites web nous avons trouve des modeles d'attestation, en gros un papier disant "Nous, Tagada Daelf et Kaswiti Fifo, déclarons sur l'honneur n'avoir aucun lien de parenté”. ***

FONCTIONNAIRE - Ah, mais c'est pas ça. Il me faut une attestation disant "Je, soussigné Machin, déclare sur l'honneur n'avoir aucun lien de parenté avec Mademoiselle Bidule..."
FIFO - Euh oui, mais c'est ce qu'il y a écrit, là.
FONCTIONNAIRE - Ah non, là, je suis pas sûre...
FIFO - Mais écoutez, si vous lisez le papier que vous avez dans les mains, vous verrez que c'est exactement ce qu'il y a dessus.
FONCTIONNAIRE - Ah oui, mais non, là...
FIFO - Attendez, c'est pareil non ?
FONCTIONNAIRE - Non, là, je peux pas dire, et ma collègue est pas là...
FIFO [qui commence à s'énerver] - Mais puisque je vous dis que...
DAELF - Bon, c'est pas la peine, elle est là quand votre collègue ?
FONCTIONNAIRE - Ah, lundi. Ou mardi.
FIFO - Lundi après-midi alors.
FONCTIONNARIE - Ah non, juste le matin. Mais Mademoiselle peut venir toute seule.
DAELF - Eh ben voilà.
FONCTIONNAIRE - Comme ca vous pourrez prendre rendez-vous.
FIFO - Ah, il faut un rendez-vous finalement !
FONCTIONNAIRE - Non, mais il faut la liste...
DAELF - … Bon, on y va.

[DAELF et FIFO sortent. Dans l'escalier en sortant :]
DAELF - PFFFFFFF !
FIFO - Non mais honnêtement, elle etait authentiquement conne, non ?

Et à ce jour nous n'avons toujours pas la réponse à cette dernière question, mais de forts soupçons subsistent encore.

dimanche, janvier 22 2012

Le jeu de mots vaseux de l'année

Un soir sur la route de l'hosto avec le Fifo, on passe devant une sortie d'autoroute que je reconnais, grâce au moquettier qui trône juste dans le prolongement.

— Aaah, c'est par là qu'on passe pour aller chez Sand !
— Et Nicky.
— Accessoirement.
— Oui, Nicky est très accessoire…
— C'est vrai qu'il est pas trop du matin.
— …
— Bah quoi ?

En plus j'étais fière de moi.

vendredi, janvier 13 2012

Où la famille Tagada-Kaswiti est forcée de prendre de bonnes résolutions

L'année dernière, nous avons passé les fêtes en famille pour la première fois depuis 2008, si je me souviens bien.

Enfin, en famille, surtout la mienne, parce que le tour d'Île-de-France traditionnel (réveillon du 24 chez mes parents au sud-est, déjeuner du 25 chez mon oncle et ma tante qui rassemblent plein de monde tous les ans au sud-ouest, puis dîner chez les parents du Fifo au nord-ouest et enfin retour chez nous le 26 pour souffler un peu) s'est trouvé chamboulé quand le Perco (très fatigué déjà, après une matinée bien remplie à étrenner ses cadeaux) a "décidé" d'être malade sur le tapis de mon oncle et ma tante le dimanche aprèm. On se dit : "Bon, il a eu un vaccin jeudi, il a pas fait la sieste cet aprèm… Il doit être un peu patraque à cause de tout ça, on continue et après un petit dîner et un gros dodo ça ira mieux." Sauf qu'il refuse de manger, revomit, bref on abrège et on rentre chez nous.

Après un lundi passé à dormir et ne rien manger (conclu par une visite chez le médecin, qui dit "grosse fatigue a priori, mais comme vous me dite qu'il y a des trucs plus anciens on va faire un bilan sanguin pour voir…"), et un mardi à dormir avec une légère amélioration côté alimentation (et un bilan sanguin raté parce que "il a pas de veines ce petit"), le mercredi matin c'est pas franchement mieux. Je supplie Oph[1], avec mon téléphone et des yeux de cocker dans la voix[2] de venir nous tenir compagnie… Le déjeuner n'était pas terminé qu'on décidait d'aller aux urgences, et fissa.

Où on nous annonce en gros que félicitations, c'est un diabète ! (avec une glycémie à 5 et une magnifique déshydratation, c'était difficile de se planter. Merci les gens du labo qui ne se sont pas posé de questions en voyant qu'on demandait une p*tain de glycémie, pour laquelle ils avaient largement assez des dix gouttes de sang récupérées. BREF.)

Après deux jours de réhydratation intensive minutieuse sous perf d'insuline, en réanimation (merci le clown de passage, le ptit chien en ballon c'était tip top pour réveiller un peu le Perco tout ramolo…) le chou arrive en endocrino/diabétologie le 30, et le 31 on lui pose une petite pompinette qu'il gardera, oh, quelques années, et qui nous évitera de lui faire des piqûres plusieurs fois par jour.

Il n'est toujours pas sorti, mais c'est pour la bonne cause : on apprend à gérer.
Le diabète en lui-même (chouette, on va se mettre au régime tous ensemble *enthousiasme forcé*) et la pompe, qui demande beaucoup d'attention même si dans l'ensemble c'est quand même bien mieux pour le Perco (équilibre glycémique plus facilement atteint et maintenu, et – l'ai-je dit déjà ? – pas de piqûres.)
Il est en pleine forme, préfèrerait certes comme nous être à la maison mais accepte bien l'environnement et le traitement (la pose du cathétaire un jour sur deux, qu'on commence à maîtriser ; et même le dextro – prélèvement d'une goutte de sang au bout du doigt plusieurs fois par jour, pour mesurer la glycémie et adapter les injections au moment des repas… En fait il adore le dextro et fait des grands sourires quand on prépare et qu'on pique. Génial.)

Bref, après les premiers jours où j'ai insulté cette c*nnerie de maladie réglièrement, je me suis obligée à me calmer pour éviter de glisser sur une pente dangereuse qui aurait peut-être laissé une aigreur ou un je-ne-sais-quoi de reste de rébellion inutile, qui nous aurait pourri la vie après…
Là j'attends juste avec impatience le retour du Perco chou, et je me demande comment diable on va faire, midi ET soir, même en hiver, entrée+légumes+féculents (le reste c'est facile), nous qui sommes les rois de la flemme alimentaire.

Hm. Vivent les soupes ?

Notes

[1] Gros bisous encore <3

[2] Si si, c'est possible

dimanche, décembre 11 2011

La laine des moutons, c'est nous qui la tissons

Mon premier métier à tisser, je l'ai eu quand j'étais petite, vers sept-huit ans – sans doute, comme mon premier piano, après avoir montré un inérêt pour le truc. Mon tout premier tissu, que je me souviens avoir réalisé sur un petit carton à encoches sur le canapé de mon grand-père maternel, et que j'ai toujours quelque part (tout doouuuux) date donc probablement d'avant.

J'ai retrouvé un intérêt pour le tissage il y a quelques années, aux alentours de 2006. J'ai monté un cadre – on pouvait à peine appeler ça un métier – que j'ai amélioré jusqu'à récemment, et au final il était plutôt efficace et confortable (pour ce que c'était)
(d'ailleurs si je continue de trouver des requêtes genre "construire un métier à tisser" dans les stats du blog, je ferai peut-être un mode d'emploi : "comment réaliser son propre métier avec une paire de peignes rigides, un peu de bricolage et pis c'est tout")

Mais en vrai, depuis environ trois ans, ce que je voulais, c'était ça :

Métier Harp ouvert

Le même fermé :

Métier Harp plié

C'est un métier à peigne rigid Harp de chez Kromski, il prend des peignes de 60cm de large, je l'ai commandé ici lundi, il est parti mardi et arrivé jeudi en début d'après-midi (alors que je ne l'espérais plus avant le lendemain ^^) J'ai voulu prendre des photos du déballage et du montage, mais j'ai vite oublié. Le montage de la bête s'ets terminé le soir sous l'œil attentif du Perco, qu aurait dû être couché depuis longtemps.

Le lendemain, dès que j'ai pu[1] je me suis mise à ourdir, pour enchaîner très vite sur le montage de la chaîne (hm) et le tissage proprement dit… Tout ça toujours sans prendre de photos bien sûr, tellement je sautillais partout d'enthousiasme :D

(au passage, le Perco est très casse-pieds en ce moment, mais comme sa curiosité pour ce que je fais ne me gêne pas quand je tisse – physiquement ou autre, parce que je n'ai pas vraiment besoin de concentration – c'est à peu près tout ce que je peux faire quand il refuse de me lâcher la grappe. On va pouvoir vivre avec, je crois.)[2]

Or donc, j'ai fait ça : L'écharpe du Perco-Chou

Ce n'est pas encore aussi régulier qu'il faudrait (on voit bien, devant l'ouvrage lui-même, que je l'ai tissé du bout à gauche sur l'image vers le bout à droite – surtout à cause de l'erreur où j'a collé une décoration pour m'amuser) mais ça l'est déjà plus facilement qu'avec mon cadre – grâce à la proximité plus importante entre le "front" de l'ouvrage et le peigne, entre autres – et surtout, c'est un bonheur d'utiliser un outil pareil : les gestes sont fluides, ça *fonctionne* pour de vrai, ça avance bien, bref, miam !

Dès que je peux (Chou calme voire endormi, Fifo disponible – parce qu'avec une chaîne plus large je crois que je vais avoir *vraiment* besoin d'aide pour maintenir la bonne tension sur toute la largeur – et pas assez d'énergie pour faire autre chose) je monte une chaîne pour faire une vraie écharpe pour un cadeau de Noël (et accessoirement m'occuper cette semaine…), et là je prendrai des photos.

*impatiente*

Notes

[1] En fait après avoir bricolé le peigne qu'on voit sur la photo. Celui livré est très bien en soi, mais trop fin pour ce que je veux ffraire en ce moment… J'ai donc récupéré un des anciens, qu'il a fallu délester d'un centimètre de bois et de deux dents de chaque côté. Fastoche, et curieusement satisfaisant.

[2] Vendredi j'ai eu de la chance, il était encore un peu malade et donc a bien voulu rester jouer dans sa chaise avec des boîtes et des bouts de fil pendant que j'ourdissais et montais la chaîne. Joie.

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